Par delà les Ténèbres et les Enfers

Publié le par lila

Après cette rencontre avec Nephtys, ma vie a beaucoup changé.

L’énergie acquise par mes efforts s’est progressivement affaiblie au point de faire une légère attaque cardiaque.

 

Pour remédier à cet affaiblissement, je me suis occupée de renforcer mon énergie vitale en cherchant des professionnels : acupuncteurs, ostéopathes, kinés et puisque aucun d’entre eux ne m’apportait ce dont j’avais besoin, j’ai cherché par des mouvements de QI gong, de yoga, de fitness, par de la marche quotidienne, tous les moyens « légers » qui convenaient à ma capacité physique amoindrie.

 

Rien ne me soulageait des crampes articulaires, des courbatures, de l’insomnie, de la tachycardie.  Tous les tests médicaux me rendaient une image parfaitement équilibrée : ni surpoids, ni dépendance, ni anémie.

Je ne me sentais pas stressée mais je « vieillissais » de l’intérieur en accéléré.

Souffle court, impression de peser 120 kilos, sensations d’aiguilles qu’une main invisible enfonce dans tous les organes et souvent dans le cœur, jour et nuit.

Jusqu'au moment où aux douleurs physiques se sont ajoutées des douleurs psychiques.

 

D’abord cela a commencé comme un jour de ténèbre : je ne voyais plus la lumière du jour avec la même acuité. Mon champ visuel s’était rétréci à une fine bande devant moi. Mes oreilles ont bourdonné pendant 3 ans, par intermittence, comme si j’avais eu un fond sonore assourdi derrière l’oreille.

Mes organes ne fonctionnaient plus selon mes horaires ordinaires, j’étais en perpétuel jet-lag : sommeil dans la journée et une pêche inutile la nuit.

 

Lorsque tous ces tracas aléatoires se sont calmés, j’étais sonnée émotionnellement.

Je voulais reprendre mon véritable niveau d’énergie. J’ai demandé conseil pour recevoir un petit coup de pouce. N’ayant pas eût les bonnes rencontres  auparavant, j’ai préféré m’informer auprès de la seule personne de ma connaissance qui fréquentait les thérapeutes de la région : un libraire,  responsable d’une association pour le bien-être qui regroupe les personnes selon un cahier de compétences.

Un nom, une adresse, un rendez-vous…et un billet vers l’Enfer.

 

J’avais pris soin de préciser ma vulnérabilité et mes dons particuliers, certainement cela aura joué en ma défaveur.

Je ne reviendrais pas sur tout ce qu’il m’a fallut « voir » en ouvrant la porte de l’inconscient.

Ce que j’ai compris, en outre, c’est que notre corps est une mémoire, qui conserve les souvenirs à plusieurs niveaux, et que dans cette « vidéothèque interne » se trouve des souvenirs qui ne sont pas les nôtres, mais ceux de nos parents, grands-parents ou frères et sœurs.

De plus, cette réserve est « active » énergétiquement et psychiquement ;  les mémoires que nous transportons actionnent les décors et les circonstances de notre vie d’aujourd’hui. Les mauvaises rencontres, les faillites qui adviennent ne sont que la répétition de scénarios défectueux. Il faut donc les effacer ou faire mieux pour enregistrer un nouveau modèle de comportement et créer SA Vie, et non pas un remix des effets ratés par ses ancêtres.

 

J’ai pu vérifier par cette expérience qui a duré 3 ans, que chaque cycle d’apprentissage se termine par un « test d’aptitude ».

Pour chacun d’entre nous il prend une forme différente : on nous met dans la « pire » situation à nos yeux, selon nos attentes. Ce qui nous fragilise moralement.

 

Ces  jeux psychiques  où le  passé, le présent et le futur se mélangent permettent de mesurer notre degré de loyauté, d’amour inconditionnel et de compassion.

Une fois ces prémisses établies, et qu’un certain retour au calme intérieur est restauré, on procède au nettoyage du subconscient.

Certes j’avais réussi à mettre « mes » souvenirs au clair, à établir mes propres limites d’acceptation, de tolérance, de compassion et une lucidité d’analyse pour ma propre vie.

Restait à faire la même chose pour celle des membres de mes arbres généalogiques…et de ceux qui s’infiltraient entre leurs branches comme la vigne vierge parasite. Il fallait mettre les maux en mots, débrousailler les émotions vives afin de leur donner leur intention racine : couper par l'épée de vérité les ambigüités.

 

Et puisque j’avais accepté le travail de Service pour la région …il fallait bien que les choses cachées, les hontes antiques, les tragédies, les massacres, les racismes bref, toutes les saletés passent devant l’œil de ma conscience spirituelle travaillant dans la psyché collective, fouillant inlassablement les cœurs et les énergies stratifiées.  Libérer, aimer, comprendre jusqu’à la nausée, jusqu’à supplier sans plus aucune dignité que quelqu’un arrête « ça » avant que cela ne me tue.

 

En réalité dans la noire ténèbre, il n’y a que vide et au bout d’un sentier nuageux et noir, un trou : vortex du Néant. Sans équivoque et sans regret j’allais y plonger, pour que cela s’arrête, pour qu’on n’en parle plus, ni de moi, ni de lumière, ni de patience, ni d’amour. Alors, une faible lumière est apparue dans ma tête lasse à crever.

C’était Michaél qui venait m’appeler. Il avait pris mon cordon d’argent et le retenait vers lui.

« Non, Lila, non : par là, il n’y a pas de sortie. Reviens, maintenant, c’est fini »

 

Mais je ne le croyais plus, pas même un fond de Foi, Rien, pas l’once d’un brin d’espoir.

Je ne reconnaissais pas mon nom. Je ne voulais plus de cet amour maudit, de cette cruauté quelle vienne d’eux ou des hommes, ou bien encore de Dieu lui-même : j’étais fatiguée de faire la mendicité spirituelle, écoeurée de ces jeux cruels.

Mourir même toute entière ce n’était pas si difficile.

A quoi ça sert de vivre si à chaque nouveau pas il faut approfondir ?

J’abandonnais : sans honte ni regret, ma liberté valait mieux que ça !

S’il fallait souffrir au-delà, ça se jouerait sans moi !

 

J’ai continué d’avancer vers le bord du Néant, jusqu'à sentir le souffle de ce gouffre sans reflets.

Les autres maîtres sont venus, et chacun à son tour ils m’ont dit ce que mes actes leur avaient enseignés sur eux-mêmes, sur la vie : ils me retournaient ma lumière.

Du bord du gouffre je les écoutais, le cœur vide, sonnant creux d’avoir avaler trop de cruauté, de trahison et de mensonges : quoi qu’ils disent pourquoi leur referais-je confiance ? Que peuvent-ils encore tirer de moi ? Quel est leur intérêt dans tout ça ?

L’amour, l’amitié des mots  pour se faire voler, abuser et j’avais eu mon compte. 

 

 

Je les aimais, oui, mais si l’amour sert à être crucifiée et moquée par ses amis, ses frères ; je préférais l’indifférence et l’ignorance.  Mon choix m’appartient.

 

Ils se sont excusés. Curieusement, les voir contrits ça m’a fait rigoler ; je me sentais cruelle et ridicule, perdue, désorientée, le cœur à l’envers, cynique autant que trahie.

Folle à sauter à pieds joints dans la folie pure. Tous ces drames, et j’en faisais encore ! C’était ça qu’ils voulaient ?

Hilarion, le maître de la guérison s’est avancé et m’a prise dans ses bras. Quelque chose s’est produit dans ses bras qui m’a rendu mon fil de vie, alors on est rentrés tous ensemble, jusqu’au niveau depuis lequel je n’étais plus aussi sauvage.

 

Revenir pas à pas de ces états, oublier le sentiment d’injustice et la cruauté m’a pris 3  mois, pendant lesquels je ne me souvenais plus de mon identité.

Je ne savais plus lire, ni écrire,  je ne déchiffrais plus les heures : tous les mécanismes appris ; descendre un escalier, évaluer la force pour porter des choses, sentir ses besoins corporels, j’avais tout oublié mais par intermittence cela revenait.

Mon cœur était déchiqueté de haine, ensanglanté, dépouillé.

Je me suis accrochée à mes sens pour ne pas repartir.

Pendant cette période, je n’ai pensé qu’à faire le ménage, pour sentir mon corps bouger, pour frotter et retrouver une connexion entre le geste et l’intention.

 

Dans cet état d’humilité, d’absence d’identité, j’ai redécouvert l’histoire de l’Homme, pas à pas, Il s’est raconté.

J’ai commencé un autre temps, un autre nettoyage qui ne me concernait pas directement, j’en étais partie prenante : fille de la terre, née du Ciel et j’y retournerai, parce que telle est ma nature.

Ma conviction était devenue plus qu’un fil d’extase, un besoin de reconnaissance ou de sainteté : rien ne pourrait plus me l’enlever, rien de ce que vous pourriez faire petits hommes. La cruauté n’est pas née de notre nature humaine mais de la trahison de notre innocence, de notre bonté. Un jour vous verrez, vous entendrez, vous aussi vous renaîtrez à vous-mêmes en connaissant votre véritable histoire.

La lumière naît de la lumière.

 

In lak ek ! Je suis l’autre visage de vous-mêmes. Lila

Publié dans Expériences vécues

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