Lettre à ceux qui ouvrent les mémoires oubliées

Publié le par lila

Nous vivons une époque où les extrêmes s’étirent à leur paroxysme.

Pendant qu’une partie de la population s’enfonce dans la maladie d’Alzheimer, d’où progressivement l’on perd le sens des émotions, des sensations et de la réalité, une autre partie de la population ouvre des mémoires familiales et historiques afin d’éclaircir la réalité d’hier et d’aujourd’hui, de soulager par l’acte de prise de conscience les culpabilités, les hontes et les rancunes afin d’offrir par la compréhension, une guérison de l’âme individuelle et collective.

 

En ces jours donc, les vérités secrètes et falsifiées sont mises à jour.

A ceux qui se sentiront trahis par les secrets, les culpabilités et les peurs de leurs ancêtres, de leurs parents, je souhaite dire que nos parents n’ont pas toujours été des adultes libres dans leurs choix. Leur orgueil leur recommandait le secret.

 

Avant de juger les actes du passé, il faut accepter de remettre vos aïeux dans leur contexte familial, religieux et moral.

Chaque génération vit selon des règles, des « qu’en-dira-t-on » spécifiques.

Ce qui nous parait acceptable comme l’homoparentalité, le mariage laïc ou l’avortement étaient il y a peu des tabous.

 

L’âge adulte s’acquiert par un certain nombre de prises de conscience, et nos parents n’étaient pas éduqués pour choisir leur vie, leur travail ou leurs compagnons en toute liberté.

Ce serait trop facile de croire que les valeurs soutenues par la société étaient vécues réellement par les gens. Les désirs frustrés se manifestaient avec plus de violence, et plus de culpabilité aussi. Le sens du Mal étant accru, les transgressions étaient beaucoup plus nombreuses. Alors, le Mensonge représentait la meilleure façon de conserver sa dignité, si importante pour vivre en société et selon les apparences.

Quand chacun doit préférer se taire pour ne pas vivre sa vérité, ses émotions au grand jour, la conscience collective est alourdit par une chape de plomb invisible.

 

A l’inverse, notre époque semble débraillée par de nombreux aspects, on pourrait croire que nous dévalons vers les abysses, tant les médias nous exposent aux vérités nues. Au moins nous pouvons voir et choisir en toute connaissance de cause (et conséquences) nos émotions, nos démons. Nous sommes autorisés à assumer nos choix par cet individualisme libérateur et fédérateur.

 

Nous révisons l’Ancien Code Moral. Nous retirons l’autoritarisme et nous le remplaçons par une plus grande tolérance, une plus vaste acceptation de notre sensibilité, avec ce qu’elle implique de diversités et de nuances.

Ainsi, la télé-réalité ou les talk-shows deviennent des supports de catharsis ; des repères du vécu des autres et un moyen de se restructurer selon les tendances collectives. Puisque nous devons nous aligner sur nos choix profonds, notre bannière : égalité, fraternité, liberté.

 

Cela prendra peut-être quelques décennies avant que cette devise soit vraiment une réalité vécue en pleine vérité, mais vous et moi, chacun à notre façon nous y travaillons lorsque nous acceptons d’ouvrir les mémoires oubliées. Lila

 

 

Commenter cet article