Les racines de la Peur

Publié le par lila

Vous n'avez pas peur, vous êtes suffisamment fort et confiant pour mettre la peur dans le tiroir de l'inconscient.

 

Mais aussitôt que vos habitudes sont modifiées, que vos prévisions sont bousculées, que vos attentes sont déçues : la peur apparaît dans vos rêves, mettant votre vie entre parenthéses, créant une angoisse  sournoise et collante dans l'arrière-pensée : et si...

Commence alors un long combat entre votre confiance naturelle, votre foi en la bonne nature de la vie et la force puissante de vos pulsions de survie, tensions et impressions que le monde est un piége, que vous êtes seul à vous débattre dans les problèmes : le monde est indifférent ou cruel.

 

La peur vous prend et s'étend, paralyse vos mouvements, votre esprit, congèle votre coeur : vous êtes isolé et le monde devient brutal à cause de votre vulnérabilité, de votre impuissance, de vos manques de repères et d'appui. Seul. Et le monde continue à grouiller, à s'agiter sans raison : vous ne savez plus comment faire, par quel bout le prendre, à qui faut-il s'adresser? Peut-on encore faire confiance? Cette oppression constante du diafragme, cette respiration coincée des poumons, cette alerte continue dans la tête, comme une siréne qui crie "danger" sans s'arrêter. La main glacée de la peur s'abat sur votre coeur, le tord, lui fait mal et vous ne savez pas comment reprendre votre souffle, comment retrouver un court instant de sérénité. Une pause, rien qu'une minute...s'il te plaît part de moi, quitte-moi pour que je respire en confiance...mais elle s'accroche devant ou derrière, en bandoulière, elle pèse de tout son poids, vous donne faim, vous donne froid : vous tremblez... elle est là!

 

Vous courrez pour lui échapper, mais vous la portez sur vous, en vous, bien au fond tapie, prête à bondir et à vous submerger de son jus noir et glissant. Elle est comme l'anguille, électrique et visqueuse. Terriblement commune et laide.

Pourtant nous la nourrissons chacun à sa façon, pour qu'elle nous protége des peurs des autres, barrière invisible et pourtant répulsive : la limite entre votre vie et celle des autres.

Bien sûr, vous n'avez pas peur, vous n'avez pas de raison d'en avoir : protégé par les alarmes, les armes et les armées, il n'y aurait pas de raison pour que vous vous sentiez menacé. En fait, vous êtes en sécurité....mais vous ne le voyez pas et vous témoignez de la peur un peu plus chaque jour.

 

 

Ta peur ne te sert plus, retires donc ton manteau et viens t'assoir coeur à coeur. Lila

Publié dans philosophie

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