Les Ages de l’Enfant Intérieur.

Publié le par lila

Pour bien comprendre les comportements des adultes, il faut tenir compte de l’âge de leur enfant intérieur.

La plupart des gens qui ne savent pas aimer ont reçu des ordres contradictoires, des traumatismes moraux ou des violences dans leur enfance, ce qui a bloqué leur développement affectif.

Nous sommes tous porteurs de manies, de besoins de reconnaissance extérieures, de comportements compensateurs qui guident nos relations aux autres.

Ces conditionnements affectifs pour la plupart sont des points de repères pour connaître l’âge de notre enfant intérieur.

 

Tout adulte est au départ un bébé qui a des attentes qui seront plus ou moins pris en charge par l’entourage avec compétence.

L’enfant dépend du bon vouloir de l’extérieur pour satisfaire ses besoins les plus pressants, les plus intimes.

 

Or dès les premiers mois l’accompagnement de l’entourage détermine la  « rassurance » : la capacité de faire confiance à la providence donnant l’assurance de recevoir lorsque l’on a besoin. Cette confiance particulière entre la vie et l’embryon d’individu va se construire par le biais des proches et être le fil conducteur ou le défi à transformer pour s’insérer avec facilité dans le monde.

 

Au cas ou les choses ne se serient pas idéalement passées, le développement moteur va progressivement rendre à l’enfant ses droits d’être un gagnant.

De ce lien que l’on tisse avec la victoire dépend notre perméabilité à la peur.

 

Vers trois ou quatre ans l’enfant construit son monde intérieur, sa féerie personnelle puisqu’il ne peut pas encore entrer dans le monde des « grands », il devient le roi et le héros de ses propres exploits…qualifiées de bêtises hélas, par les adultes trop pressés de le voir « grandir » c’est-à-dire assumer ses premières responsabilités techniques sans couacs.

Réussir sans avoir le droit à l'échec....ou au contraire être porteur de la maladresse comme preuve de son droit à rêver sa vie...

Les enfants à qui l’on a interdit de rêver leur monde doivent le rêver toute leur vie, ils ne feront pas toujours la différence entre rêve et réalité, il leur manquera le pragmatisme pour mettre en oeuvre leurs idées. Paradoxalement sans Grand rêve, sans Idéal, il n'y a pas de raison de créer et d'apporter sa part de créativité au monde.

 

Vers six ou sept ans l’enfant comprend qu’il doit passer « chez les grands ».

Devenir plus lucide, plus compétent.

Il doit assumer des tâches au sein de sa famille, il a une place –plus ou moins reconnue- qu’il lui faut habiter. Et il n’y arrive pas du jour au lendemain puisqu’il doit délimiter le terrain de ses attributions, de ses droits à l’initiative, ce qui est source de conflit avec le monde adulte.

Comment « bien faire » pour continuer de recevoir sa dose d’amour, de reconnaissance nécessaire à sa construction intérieure ? Car l’amour est la première récompense de sa participation à la vie familiale, prémisse de sa vie sociale.

 

Vers dix, onze ans l’enfant ressent qu’il est plus fort, son regard devient plus aiguisé, plus critique, il essaie de participer aux conversations avec les adultes ou les adolescents selon le code de l’égalité…ce qui n’est pas toujours bien accepté par les adultes qui perçoivent cela comme de l’insolence, un manque de respect de leur "autorité".

Ce serait plutôt, de la part de l’enfant le droit au respect de ses idées et pas seulement de ses besoins physiques ou affectifs. Le besoin de reconnaissance de son pouvoir de décision et le début de son autonomie morale. Lorsqu'on le rabroue trop souvent il finit par en conclure qu'il ne sera pas un bon leader, un bon coach de sa propre vie, il devient dépendant du pouvoir créatif des autres.

 

Vers douze ans, l’enfant commence la sélection de ce qui est juste pour lui : dans la famille il a ses préférences, dans les jeux tous les copains ne sont pas traités pareil.

Il décide de son apparence, il s’affirme dans ses choix. Si on n’aime pas ses choix, c’est lui qu’on n’aime pas. Tiraillé entre le besoin d’acceptation et la conscience de son identité personnelle, le préadolescent n’est pas à l’aise avec lui-même ni avec les autres. Il se construit en retrait aussi bien par égocentrisme que par besoin d’originalité. Le rejet, l’impression de solitude naisse de l’impression que l’on n’est pas accepté avec ses goûts personnels, donc on est aimé selon des conditions, pour être aimé il est nécessaire de rentrer dans la norme, de se rogner les ailes.

Mais devenir comme tout le monde n'est-ce pas s'oublier?

 

Entre quatorze et dix-sept ans, l’adolescent brave les conditions, s’insurge contre les idées reçues de l’entourage (les profs, les parents, l’autorité en générale) avec créativité ou violence selon ce qu’il a lui-même reçu comme forme d’éducation.

Pour devenir un citoyen, un adulte social, il faut être capable de révolte et d’inventivité. Cette période s’étire autant que nécessaire pour consolider les failles accumulées au fil des circonstances de la vie de l’enfant : accidents, divorces, déménagements, brutalités, manques de reconnaissance, de victoires sont autant de blessures qu’il faut apprendre à cicatriser pour devenir libre d’aimer et de s’affirmer sans destructions inutiles.  

 

Lorsqu’une fois adulte nous conservons des blessures sans chercher à les guérir, alors vont apparaître des comportements déviants : narcissisme exacerbé, troubles alimentaires, goût pour la domination, le chantage affectif, les transgressions morales et la fuite devant les besoins affectifs des autres. Privé d’empathie, de créativité ou de conscience de sa propre force au sein de la société, l’individu s’étiole, vit frustré et devient frustrant du plaisir de vivre des autres, envieux et cruel face aux réussites d’autrui.

 

Cela ne doit pas nous rendre amers face aux grands enfants qui se cachent sous les traits des adultes, mais plutôt cela doit nous rendre conscients des mécanismes qui façonnent nos relations affectives, pour mieux dégager le chemin du véritable amour, celui qui rend libre de donner par goût du don, sans esprit de vengeance ou de sacrifice.

 

Ce texte est issu de ma résilience, de ma guérison, bien sûr il n'est pas exhaustif  et vous ne manquerez pas d'y rajouter vos propres compréhensions. Lila

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