Consommer ou produire?

Publié le par lila

En 2010 la Terre et les consciences ont bougé : les changements climatiques visibles et mesurables en l’espace d’une année transforment notre idée de l’espace, du temps et nous confrontent à nos responsabilités d’usagers de la planète.

Consommer et produire sont au cœur de nos préoccupations quotidiennes.

Produire c’est travailler afin de gagner de l’argent utile pour continuer à consommer et alimenter un cercle pas toujours vertueux.

 

Comment rester en harmonie avec soi-même sous la pression constante d’un monde dévalorisant l’être humain ordinaire tout en le poussant à une surconsommation de nourriture, d’objets et de codes en tout genre pour être aimé ou au moins vivant?

 

Est-ce en produisant selon des codes éthiques que l’on devient un consommateur vertueux ou bien, est-ce en ayant des choix de consommation correspondant à ses valeurs que l’on obtient une pression pour transformer les modes de production ?

Doit-on privilégier le consommateur ou le travail de production ? En fait, tant que l’on oppose les deux, la société ne fonctionne pas car le producteur –quel que soit son niveau- est un consommateur.

En séparant les zones de productions et les zones de consommation on a rendu le problème de notre responsabilité écologique encore plus présent et les problèmes sociaux ont augmenté dans la même proportion.

 

L’Homme a besoin de travailler, pas seulement pour gagner de l’argent mais pour collaborer avec les autres. La société est basée sur la convivialité, les valeurs communes et pas uniquement sur l’échange d’argent ou de marchandises. Actuellement le besoin d’argent pour maintenir le niveau de consommation devient si criant que tout le monde a quelque chose à vendre… La capacité à se vendre deviendrait-il la preuve de notre richesse potentielle , de notre capacité à survivre?

 

J’ai fais des études commerciales pour ressembler à mon grand-père et à mon père, je comprends bien les enjeux et le fonctionnement du commerce mais je m’interroge : doit-on tout vendre ?

Doit-on baser notre société toute entière sur les fonctionnements économiques, doit-on devenir des vendeurs pour retrouver notre pouvoir de citoyen.

La carte bancaire va-t-elle remplacer la carte d'identité, le passeport?

Parce qu’en définitive notre position sur le pouvoir que nous donnons à l’argent va déterminer également nos actes pour obtenir ce précieux sésame, et nos actes sont le reflet de notre âme.

Sommes-nous tous prêts à vendre notre âme, et à qui ? Qui décide de nos choix?

 

Comment retrouver un sentiment d’impunité, d’innocence tandis que notre mode de vie nous demande continuellement de transgresser la nature et d’abuser des éléments, des animaux, de nos propres forces afin d’entrer dans la « normalité », c’est-à-dire dans une image du consommateur/producteur vertueux, heureux de créer son paradis personnel et artificiel?

 

Deux idées se concurrencent pour faire partie de la société :

 - la forme parfaite : pour être accepté dans une société de plus en plus exigeante et élitiste il faut des bagages : un capital beauté, une bonne santé, de l’épargne en suffisance pour accéder au logement, aux stages et autres formations, entretenir son corps, son cerveau et transmettre une image de personne épanouie quitte à utiliser la chimie pour réussir.

 - avoir un standing de consommation « bio »  en cohérence avec ses positions éthiques de consommateur responsable, ce qui demande un budget conséquent et des choix de consommation pas très glamour : bus, marche à pied, vie basée sur le rythme naturel, en respectant les saisons, les produits régionaux, la beauté naturelle, les matériaux traditionnels.

 

Ceux qui n’ont pas ces « bases » sont disqualifiés au point que les émissions sur la chirurgie et les transformations du « look » ne sont plus une exception et que l’autre sujet de préoccupation est l’écologie et l’adaptation de l’homme à la nature qu’il s’est crée.  Il faut transmettre une image claire de soi, pour que l'on reconnaisse vos valeurs et que l'on vous classe dans la bonne case et je n'aime pas les prisons, même si elles ne sont que psychologiques. Ceux qui ne transmettent pas d'image sont des laissés pour compte.

 

Le pouvoir écrasant des enjeux économiques absorbe notre pouvoir décisionnel en tant que citoyen et créateur de notre société.

Devra-t-on choisir entre travailler et consommer ? Etre bien nourri ou être libre? Etre beau ou en bonne santé?

Pour travailler, il faudra abandonner son pays, sa famille, ses repères culturels…c’est déjà le cas, moi je l’ai fais comme des milliers de gens de ma génération.

Tandis que pour consommer bio, beau et light, il y aura des « paradis » des pays ou des zones privilégiées et réservées à ceux qui pourront y accéder.

  

Entre les villes propres, bien éclairées, l'eau saine ou bien la chaleur, les moustiques, les problèmes de pollution, les coupures d'électricité et le manque d'eau...si vous vous respectez, vous choisissez...d'avoir de l'argent pour retrouver la liberté de choisir le meilleur pour vous et pour le milieu ambiant.

Donc, votre âme et les problèmes de karma passe après les apparences, parce que vous vous respectez, parce que "vous le valez bien" et que nous voulons tous le meilleur mais que nous n'en avons pas  vraiment les moyens financiers et décisionnels, n'est-ce pas un paradoxe? Pour être libre, il faut gagner de l'argent, pour conserver cet argent il faut trahir ses valeurs....Trahir son âme ou trahir son corps.

 

« Le meilleur des Mondes », « Fahrenheit 451 » doit-on finir dans « The Matrix » ? Ces fictions doivent-elles toutes conduire notre réalité?

 

Moi, je débranche....revenons à nous ! 

Et « nous » c’est  aussi le nom d’un niveau de conscience spirituel…tout est relié ! Lila

Publié dans philosophie

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mamalilou 06/01/2011 22:12



 


Encore une jolie mise en lumière, merci.


 Un bon début de l'an te souhaite,
lumineux donc, réjouissant, tendre et non consommateur


on aimerait frétiller des oreilles et jouer à se lécher les coudes (et tu m'en dis des
nouvelles)  comme si nous pouvions rester enfant...


et puis les diktats... et puis finalement si, après tout, hein, ça change pas la face du monde,
ça met juste un peu de bulles et d'amour... :o))


reçois force bisous vibrants


J'espère que l'an dix s'est achevé pour toi en beauté, bon
bout d'an 2011,


tout de joie et de désir, d'accomplissement et de force, de douceur et de plaisir, d'éveil et de plénitude, d'harmonie et de partage , *


 


 


*liste non exhaustive s'entend...(et ya de la marge pour poser son désir...)



lila 07/01/2011 11:04



Je crois hélas que 2011 sera une année "forte" : pleine de rebondissements et de puissantes révélations, que l'Amour ne sera pas seulement romantique et qu'il aura parfois des allures de remises
au cadre vibrantes. Il y aura des pressions pour que les consciences commencent à voir le monde tel qu'il est et pas seulement tel qu'on imagine qu'il devrait être.


Merci, pour les mots doux,  Mamalilou, ce sont les seuls que j'ai reçus.