Apprendre à coopérer

Publié le par lila

Du jardin à la maison, pendant les sorties ou les activités ;

Pourquoi les enfants sont désordonnés et agités ?

Pourquoi font-ils en premier le contraire de ce que l’on attend d’eux ?

Comment leur enseigner à être responsables sans les brimer dans leurs choix et leurs libertés ?

 

Tandis que je rangeais et ramassais leurs bricolages, je me posais ces questions.

 

Et il me vint aussitôt à l’esprit :

Parce qu’ils sont eux-mêmes en construction… ils n’ont pas encore appris leur importance, ils n’ont pas de notion de leurs forces, ils ne savent pas encore coopérer et prendre des initiatives qui ne proviennent pas de leur impulsion primaire créative.

Un enfant n’a pas d’image de lui-même, son image de lui-même est directement liée à celle que ses parents lui transmettent : un enfant est une projection de l’enfance de ses parents, de l’image cachée qu’ils ont d’eux-mêmes.

Et les gens, le monde entier est comme eux…

 

Une autre question me venait : Si le monde est un enfant, quel âge a-t-il ? Comment doit-on lui parler ? Comment comprend-t-il l’information ? Comment canaliser son impulsion créative sans la casser ?

 

Des images me sont venues à l’esprit :

J’ai vu l’intérieur du cerveau de mon plus jeune fils, je me suis rappelée des étapes de la construction cérébrale conservée dans la mémoire cellulaire de mon propre corps. Mon corps avait suivi ce développement pas à pas, il avait appris à tisser la vie, et il l’avait soutenu pour quelle se développe jusqu’au bout.

 

Et puis une conclusion est sortie de ces mémoires :

Les neurones de mes enfants continuaient d’enregistrer mon exemple, mes comportements, mes non-dits et construisaient leur base sociale, leur compréhension du monde. A chaque étape de leur développement ils enrichissent le contenu, les informations, les réseaux de leur cerveau, de leurs connaissances, de leurs analyses.

Cette complexification prend du temps, elle se construit à travers les circonstances, les activités, les réponses de l’environnement ; à chaque étape de croissance ils apprennent à un autre niveau, avec plus de subtilité dans les échanges, plus de tolérance, plus de reconnaissance du terrain et d’eux-mêmes. Au travers des étapes ils  façonnent leurs tendances, leurs goûts, leurs droits et tout cela donnera l’image qu’ils se feront d’eux-mêmes. Cette image deviendra la base de leurs comportements humains, professionnels, affectifs et spirituels.

Une autre conclusion :

Le monde n’a pas encore appris à coopérer, les nations sont des individus dont l’image n’est pas encore très nette, et la compétition est issue de la peur de ne pas être « à la hauteur » des attentes intérieures et des opportunités données par les circonstances.

 

Si le monde est un enfant, si chaque nation est un enfant, comment doivent-ils jouer ensemble sans se blesser ? Sans s’opprimer ?

 

Alors il m’est apparu très clairement les étapes de progression du développement de la coopération, semblable à la construction des réseaux de neurones dans notre cerveau. Des étapes, des « générations » de cellules, d’individus qui sont nécessaires pour construire les êtres qu’ils soient minuscules ou aussi vastes que des nations.

 

Une génération d’impulsion, pour donner l’ouverture, l’enthousiasme vers le futur.

La génération suivante étend le territoire sur le monde qui est à sa portée : l’horizon se transforme, se construit, se densifie. Alors on étire la construction vers le haut, vers la technique, vers la complication.

Pour que l’ensemble reste fluide, vient l’action de la vie, du mouvement ; on casse les anciens codes, on transforme, on bouge les structures pour réinventer jusqu’à détruire le naturel, le dénaturer.

Ensuite vient la génération de soutenance, de restructuration, qui redonne de la force au réseau servant à la cohésion de l’ensemble. Permettant à la vraie structure naturelle de prendre sa place et d’être utile pour établir les fondations d’un nouvel essor.

Mes petits-enfants seront plus intelligents, parce qu’ils auront appris à coopérer avec les autres.

C’est la coopération des intelligences individuelles qui permet l’existence du groupe.

 

La clé m’était donnée pour tranquilliser les enfants : il faut prendre le temps de se placer dans la posture qui leur donne confiance en eux-mêmes ; les enfants seront plus sages, plus mesurés dans leurs actes quand le monde aura une meilleure connaissance de lui-même et quand ils sauront ce qu’ils représentent pour nous.

Et ce n’est plus si éloigné, maintenant. Lila

 

Publié dans Expériences vécues

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