Adam- kadmon-Râ : Aramon

Publié le par lila


J’avais prié avec son sceau, et derrière mes paupières closes il m’est apparu comme une lumière blanche et éclatante qui traversait ma nuit. A peine l’avais-je aperçu que son corps reprenait consistance humaine et s’assombrissait jusqu’à prendre une teinte hâlée. C’était un homme adulte et qui m’a semblé beau. Il portait un pagne en peau claire, des bracelets d’or sur les bras, de grandes plumes très fines simplement attachées par une lanière de cuir sur le front lui faisaient une couronne, son corps était assez grand, trapu et ses cuisses étaient dessinées : c’était le maître le plus simplement vêtu que je voyais, et pourtant j’étais en présence d’un grand roi, l’énergie sereine et masculine qu’il rayonnait me faisait prendre conscience de sa sagesse, de son ancienneté dans l’évolution. Il avait pris ma main et nous avancions dans un noir tunnel, traversions des paliers de grottes imbriquées les unes dans les autres.

 

Il s’arrêta à dix pas de l’entrée d’une grotte où se trouvait une femme d’une quarantaine d’année mais qui irradiait d’une tendresse maternelle issue du fond des âges. Je n’aurais su dire si elle était femme ou simplement mère tant l’énergie qui se dégageait de cette grotte me ramenait à ma pure féminité enfantine. Elle n’était pas jolie, mais sage, elle exprimait la tendresse. Elle était simplement vêtue d’un pagne et d’une ceinture de coton filé rouge, les paumes de ses mains, ses plantes de pieds et ses joues étaient peintes en rouge. Elle portait également des plumes, courtes et larges sur un serre-tête qui tenait ses cheveux longs et très bruns. Autour du feu, elle m’a expliqué, d’une voix très douce et apaisée, dans une langue agréable et chantante que je ne connaissais pas, le rituel des 3 jours. Je comprenais par l’esprit de la féminité qui nous unissait.

 

Avant de vivre avec un homme, pour s’assurer que les clans de la femme et de l’homme ne rentrerons pas en conflit au cours des prochaines années, il faut enseigner l’histoire de chacun des clans dont sont issus les futurs épousés, à l’autre.

La jeune fille reçoit la connaissance de l’histoire écrite par ses ancêtres, et aussi celle du clan de son futur compagnon. Elle doit également faire des rituels de purification de ce qu’elle ne souhaite pas assumer, et ensuite elle doit se peindre en différents endroits du corps avec des poudres rouges.

 

Pendant ces jours les familles mangent, dorment et apprennent à se connaître. Si pendant ces cérémonies une dispute ou une maladie adviennent, le mariage n’a pas lieu, afin d’éviter que les époux ne se trouvent sans famille à cause d’une guerre entre les clans.

 

Lorsque tout est clair dans le cœur de la jeune fille et de son futur époux alors, lorsqu’ils se donnent la main, l’énergie du huit sort des poignets de la jeune fille, touche celui du garçon et consacre le mariage. Cette énergie est pacificatrice des conflits entre l’archétype de la femme et celui de l’homme et permet d’effacer la violence de la mémoire énergétique de la famille qu'ils créerons à l'avenir.

Ainsi, les enfants qui naissent d’une union faite selon ces principes, n’ont pas besoin de lutter contre l’énergie féminine ou l’énergie masculine qui les habite, et une telle paix entraîne la sérénité et la sécurité dans les relations avec les autres.

 

La femme m’avait plusieurs fois aspergée de fumée d’encens très épaisse, j’avais peintes les parties de mon corps qui étaient redevenues innocentes et ainsi préparée, j’entrais dans une transe dans laquelle Aramon m’est apparu et m’a de nouveau donné la main.

 G

Dans la nuit, nous filions comme sur des rails lumineux, de chaque côté sur les murs invisibles de ce qui ressemblait à un tunnel, s’étalaient des colonnes d’écriture en lettres de feu. Aramon me transmettait  intuitivement que ces écritures représentaient l’histoire de mon clan, de mon âme, de mon moi le plus intime, de mes plus profondes origines.

Quelques une des écritures étaient ternies, assombries : elles étaient les actes manqués ou les transgressions et pouvaient être effacées –à tord ou à raison-

A la vitesse où nous allions je n’aurais pu tout lire, et encore moins comprendre l’écriture alambiquée comme celle des védas, mais je me laissais ressentir les informations qui s’imprégnaient en moi et validaient mon identité.

C’était un retour à ma véritable nature, une nature solaire et liquide depuis laquelle il n’y a pas de limites, mais un juste sentiment de liberté.

 

Ainsi nourrie de vie, je débarquais autour d’un autre feu situé en une zone semi- désertique, sous un ciel étoilé traversé par d’épais nuages, malgré la chaleur du feu, il faisait frais. De l’autre côté du feu, un homme à l’œil noir et pétillant de vie comme celle d’un griot africain, ou d’un chaman aborigène me fixait avec une attention aiguë, il lisait dans ma mémoire récente et interprétait les dédales d’écritures afin de retrouver mon nom. Et puis, nos esprits ont atteint une zone d’union : entre lui, le feu et moi, il n’y avait que ce nom.

 

Il s’est levé et avec prévenance et douceur, comme s’il était honoré, il est venu de mon côté du feu, m’a regardé dans les yeux et m’a révélé ce nom à haute voix.

Mes yeux étaient heureux et mon cœur était fier, car il avait su lire et trouver les mots que je connaissais déjà : il confirmait ma naissance, depuis les profondeurs de la terre jusqu’au Cosmos j’habitais mon nom.

 

J’entendais les fifres des Anges dans la nuit étoilée du désert, tout était accompli, la boucle était bouclée.

Aramon m’avait ramenée vers la femme de la grotte sans que j’en prenne conscience, et me ramenait vers ma conscience humaine afin que je vous transmette. Et ainsi fut fait. Lila

 easter_island_pictures.jpg

 

Publié dans Expériences vécues

Commenter cet article

Jim H Roberts 17/03/2014 17:01

C;est vraiment incroyable ce que j'ai lu .