Avez-vous remarqué? La pluie fait toujours le même bruit quand elle tombe. Où que nous nous trouvions dans le monde, quelque soit le climat, lorsque les
gouttes touchent le sol, il y a comme un leger "clic-gloups" saccadé.
Ce matin, le brouillard était épais et si proche du sol, qu'avec le bruit de la pluie j'aurais pu me trouver dans un pays tropical, au coeur d'une fôrêt lointaine, les cris d'oiseaux et les
cliquetis de l'écureuil dans l'arbre en face donnait un fond sonore naturel tandis que la ville, avec ses usines et ses engins donnaient un autre ton : j'aurais pu être n'importe où sur
terre. J'imaginais alors qu'un être venu d'ailleurs soit à mes côtés ; lui, qu'aurait-il pensé de l'eau qui tombe du ciel? C'est une chose si banale pour nous, qu'elle est presque un ennui, la
promesse d'une journée un peu triste....et pourtant, si un être d'un autre monde venait ici, que penserait-il de cette sensation cotonneuse du brouillard et du doux bruissement des branches sous
le poids des gouttes?
Et que penserait-il de cette émission sur notre allée nationale "les Champs Elysées", ses palais, ses excentricités, et son histoire révolutionnaire et mercantile?
Que devrais-je lui dire, s'il me demandait qui habite ces palais ?Eh bien, c'est à l'Etat, c'est inhabité par des gens, c'est pour l'Histoire, le patrimoine, tout ça....
Et lorsque nous nous promenerions, il me demanderait peut-être pourquoi tant de gens vivent dans la rue dans une ville si riche que Paris.....l'Etat a voté une loi pour que personne ne soit
contraint d'être sans logement...alors, il y a des logements vides, et des citoyens à loger....et aux frontons de nos maisons communes il y a notre sacro-sainte banniére : Liberté, egalité et
fraternité....tous ces éléments ensemble devraient faire sens.
Comment expliquer à cet être que les valeurs de la révolution, celles que nous avons le bon gout de défendre devant les Nations Unies et le monde, ne sont pas applicables dans la réalité, surtout
pas à Paris et sur les Champs Elysées!
Il me faudrait lui expliquer que les gens ne font que "penser" ces valeurs, et que cela fait plus de 200ans maintenant que ces idées trouvent des lois pour les mettre en mots, mais pas en actes
dans la vie réelle.
Et qu'aurait-il vu, lui qui vient de si loin, et qui vibre avec l'énergie de l'univers, de ces gens, tous cultivés et ayant acquis tant de connaissances historiques, si pleins de leur savoirs et
si vides de leur propres valeurs?
Cet
être en à peine deux heures aurait compris combien les hommes sont prisonniers de leurs mensonges, combien ils sont loin de l'équilibre. Et, s'il était un peu resté il aurait pu constater que la
deuxiéme préoccupation des hommes d'aujourd'hui-après la mise en valeurs de leurs diplômes, de leurs connaissances et de leur prestige- c'est la maladie. Mais je suis sûre que pour lui, cela
était si prévisible, si évident, qu'il en aurait déjà senti de la compassion pour nous tous.
Que dire d'un peuple si loin de ses propres valeurs?
Comment condamner une humanité qui s'est elle-même guillotinée au cours du temps, en saccageant la Beauté naturelle et en mettant le monde numérique et virtuel au sommet d'une gloire aussi
vaniteuse qu'éphémére?
Bien évidemment, cet être aurait senti beaucoup de respect pour notre monde et pour nos choix, car il faut du courage à une humanité pour se condamner d'une telle façon à la
souffrance.
Nous, les humains, nous sommes de vrais utopistes, nous allons jusqu'au bout du virtuel et passons souvent à côté de la douceur, de la beauté et de la vie, sans même les regarder. N'est-ce pas ?
Lila
merci de ton passage sur mon blog
ca fait plaisir
je repasserais moi aussi sur le tien
bizz