La Voie de l’Amour ; témoignage d’un cheminement de lumière par Lila

Publié le par LilaLuz

La Voie de l’Amour ;  témoignage d’un cheminement de lumière par Lila

Ma première rencontre avec la joie du Ciel s’est produite en Mai 1974, j’avais 4 ans à peine, j’attendais ma grand-mère partie prier à l’église de la Providence, et moi je jouais avec les fées des buissons dans le jardin du cloître. Les minuscules haies de buis taillés se disputaient les premiers rayons du soleil avec les rosiers, ensemble ils étaient disposés en carrés, traversés de sentiers de gravillons bruissant sous les pieds, je courais avec ravissement dans la brise iodée, avec le sentiment étrange que mon cœur s’élançait vers le ciel comme une tige de broméliacée. C’était l’heure des vêpres, le carillon sonnait à qui mieux-mieux et les anges s’approchaient du clocher pour recueillir les prières, comme à l’accoutumée ; ce sont eux qui se chargent des récoltes d’offrandes qui deviendront ensuite les réserves de bénédictions accordées à ceux qui en font la demande.

Tandis que je courais, les plus petits des anges ont senti mon cœur et se sont approchés de moi. Ils m’ont demandé mon nom, je ne le connaissais pas encore, je les ai entendus murmurer entre eux, puis nous nous sommes salués et ils sont partis ; l’un d’entre eux m’a laissé dans la main une rose rouge, toute ouverte et fraîche, bien que les rosiers n’avaient pas encore faits leurs boutons. Je l’ai donné à ma mamie, qui s’est demandé comment une rose se trouvait là, dans le cloître fermé, à la petite sortie de l’Hiver. Quand je lui ai raconté qu’un Ange me l’avait donné, elle m’a ri au nez en disant que c’était bien un truc d’enfant de croire à ces fadaises. J’en ai été blessée, ainsi j’ai commencé à comprendre le sens de Pardonner. J’ai appris qu’il ne fallait pas parler, il faut sourire et se taire, plus tard j’ai écris sans m’arrêter.  

La seconde fois, j’avais envie de parler à un Ami. Je désirais un ami-complice, un véritable ami avec lequel on peut parler sans être jugé, ni interpellé, ni remis en question ou discrédité. Je suis pragmatique, je me suis choisi un arbre. Proche du portail de ma maison, il n’était pas très grand et son écorce était chaude toute l’année : c’était un chêne-liège, importé du sud par un curé en mal de son pays. Puisque cet arbre était déraciné, n’ayant aucun ami semblable dans la contrée, nous pouvions nous tenir compagnie. Au pied de mon arbre j’ai partagé tous mes secrets, j’ai chanté des ritournelles et dansé jusqu'à lui donner le vertige. C’est comme ça que notre amitié a commencé : il me demandait de le laisser tranquille, soit- disant que mon énergie empestait l’urine …j’étais offusquée ! Mais on a rit ! Pouah, qu’est-ce qu’on a ri, et on s’est tout de suite choisis. Tous les jours le matin et le soir au goûter j’allais vers lui pour papoter. Il m’a enseigné des choses sur l’Intelligence de la Nature, la communication par la transmission des spores, des odeurs, des mycéliums. Il m’a montré le monde avec ses yeux, selon un cycle allongé aux 4 saisons et aux cycles des éons qui forment les ères et les millénaires. Ainsi il m’a enseigné le Temps et la patience, l’endurance et la résistance aux épreuves parce que tout cela fait une belle écorce, et il m’a dit que la puissance vient de la profondeur des racines, que les branches sont le prolongement du cœur, qu’un fleurissement au Printemps c’est la Joie des Retrouvailles qui devient des fleurs. Un arbre peut fleurir à tout moment, mais il respecte le temps et attend la permission, comme nous lorsque nous fêtons Noël ou Pâques : on choisit ce moment pour marquer notre fleurissement, notre joie, notre communion aux autres. Ce n’est qu’à ce moment que l’on offre des cadeaux. J’ai accepté ses cycles comme les miens, nous étions frères de sève, nous étions inclus dans la famille de fraternité.

Un jour qu’il était proche de 18h, mon arbre m’a demandé de rester parce que quelqu’un désirait me visiter, j’ai attendu à son pied, puis il m’a dit de m’éloigner un peu pour prendre plus de place et arrondir mon cercle…et lorsque mon cercle était devenu bien clair et brillant, un jeune berger s’est présenté, il avait la peau bronzée presque bleutée, les cheveux très noirs et bouclés, longs dans le cou, un pantalon moche, bouffant sans formes, retenu aux genoux, pleins de tâches et un mini gilet ouvert sur le torse plutôt musclé et rondelet. Il m’a souri en passant devant moi et j’ai eu une sorte de coup de foudre pour ce gars facétieux, sur de lui, avec ce sourire délicieux ! Je n’osais pas le dire à mon arbre, j’avais peur qu’il soit jaloux, qu’il pense que ça allait abîmer notre amitié mais lui m’a questionné pour connaître mon opinion sur le garçonnet…et il s’est esclaffer en m’entendant parler et rougir de confusion…sans doute j’ai dis des choses qui révélait mon secret, il m’a appelée gopi de Krisna ! Pour être honnête, je n’y connaissais rien, je savais seulement que j’étais amoureuse de l’avatar bleu et qu’à chaque fois que je repensais à Sri K, j’étais prise de fou rire, d’envie de danser, de faire la coquette. Je crois que c’est ce que font les gopis, ces milliers de femmes folles amoureuses de l’Esprit.

Bon, avec le temps je suis devenue plus raisonnable, d’autant qu’il ne venait plus si souvent et qu’un autre berger venait le remplacer dans mon espace de méditation. Celui-ci était singulier, imberbe, il portait une longue jupe de lin grossier, une chemise violette, une besace et une outre en peau de chèvre en bandoulière, parfois il portait un long manteau de laine  et des chaussons de peau et d’autres fois, il ne portait qu’une culotte bouffante un peu ridicule les pieds nus, sales et un long bâton… Ses traits étaient réguliers, harmonieux et son regard posé, tout son corps exprimait l’élégance, la dignité, la sérénité dans un corps plein de virilité calme et maitrisée, le délié des membres, la finesse des articulations, sa manière de poser les pieds sur le sol avec conscience et douceur, tout son mouvement transpirait la force et l’excellence, la victoire, la confiance. On pouvait le voir chaque jour et lui attribuer de nouvelles qualités, des plus spirituelles aux plus sensuelles. Il n’était jamais le même et pourtant reconnaissable entre tous. Sa Présence m’était devenue si familière que je la ressentais même lorsqu’il ne se montrait pas et qu’il faisait sa ronde discrètement autour de moi. Je savais où il s’était promené, je reconnaissais son odeur de cèdre et de fleur d’oranger mélangée au jasmin ou à la rose poivrée, les dimanches plus particulièrement. Ces jours-là, il s’habillait uniquement de blanc, il portait de longues chemises fines et un tissu recouvrant la tête et descendant jusqu’à la taille. Son odeur était lustrée de fleurs, son aura brillait bien plus fort et nous ne pouvions pas parler, nous pouvions seulement échanger par la pensée. Je suis devenue claire-consciente par Son travail patient. Ensuite, nous avons atteint l’âge de Raison et j’ai choisi de Le rejoindre ; lui et tous les autres qui venaient parfois à sa suite pour converser avec moi et mon arbre.

Après la seconde ascension, j’étais très désespérée. Défaite. Démantelée jusqu’au plus profond de mes membres. J’avais le sentiment d’avoir perdu la Foi. Cette douce certitude m’avait totalement désertée, pas un filament, ni une petite graine qui resterait en germe. Rien pour me reconstituer, pour me couvrir et me réconforter. Rien d’autre qu’une vie dure et froide s’étalant dans la misère, une route pavée d’embûches, d’obstacles et de hontes en tous genres. J’ai cru vomir ; de haine, de noirceur, de désespoir. On n’imagine jamais combien l’Opposé est rude, noir et glacé, sans complaisance ni bienveillance. Et je n’avais même pas l’envie de me plaindre ! J’avais la haine. La rage. L’envie de tout bouffer…J’étais peut-être folle ? Ou avais-je retrouvé la Raison, cartésienne, liée au hasard et au chaos, menée à sa perte par le non-sens ? Oui, les anges dans leur grande bonté m’avaient ramenés dans la dimension du rationalisme et du mercantilisme, dans ce monde gris où tout se vend et s’achète par la grâce de l’Homme tout-puissant. Par manque de chance j’étais encore une fille, je deviendrais femme, sexe renié et dénaturé, porteur du péché originel, des voiles et du sang menstruel. Honnie jusque dans ma chair alors que j’étais bénie des anges ! La rage n’était pas assez grande pour contenir ma colère ; je dévasterais leurs mondes, je mangerais leurs queues et ils auront peur et honte, et ils perdront tout, jusqu’à leur dignité et tout leur courage ne leur servira à Rien pour se sauver de leur conscience ; et je serais là pour les voir s’humilier. Et c’est moi qui rirais de leur mort ! Mon ego avait grandi à la mesure de mon désespoir, il tentait comme il le pouvait de me donner du courage en me dévoilant sa supposée puissance. J’avais pitié de cette partie de moi-même qui essayait de faire bonne figure et d’adopter un rôle de victime vengeresse pour mettre un peu d’ordre dans ce chaos mental. Comment vivre chez les humains en enfant ordinaire après avoir vécu toutes ces circonvolutions ? Qui pourrait rester de pierre ? La colère n’était qu’une simple décompression mentale et émotionnelle après une longue astreinte à l’excellence… l’amour à ses limites.

Les Anges m’ont laissé quelques mois pour me reposer, je suis redevenue une enfant qui mangeait des beignets ou des glaces au Carnaval, une ado, une presqu’adulte. Je me suis mariée et Kryéon est passé par là, à la lecture de la Graduation des Temps, les marches de lumière de la grande avenue des Champs Elysées m’étaient familières, les chemins étaient balisés, les portes ouvertes et tous étaient disposés à m’aider. J’ai visité au plus loin que j’ai pu dans tous les azimuts, Je me suis fait une ventrée de connaissances et d’expériences de conscience, rien n’était trop sale, cruel ou trop beau, vertueux ou trop mort et vide. Pas même l’abîme du Néant. Je vous le dis, je suis allée au plus loin de ce qui me fut possible sans y perdre mon centre et ma raison d’Etre, comme un chien fou j’ai couru partout, et maintenant je peux transmettre avec Ordre dans le chaos.

Aimer c’est partager et agir selon ses Principes. Aimer consiste aussi à définir des priorités, à élaborer des stratégies pour nourrir et protéger. Aimer c’est être comme la Terre, inventive, nourricière, économe, maternelle et cruelle parce que les mamans requins mangent les bébés phoques. Aimer c’est pardonner…donner une seconde chance, ne pas juger sur les apparences…Sommes-nous capables d’aimer ? A Suivre... Lila

 

 

Publié dans Expériences vécues

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