L’Humilité : l’harmonie de l’Etre.

Publié le par LilaLuz

L’Humilité : l’harmonie de l’Etre.

 

Notre société aime et admire la force et la domination qui sont le propre de l’énergie virile et du rayonnement solaire.

L’Humilité au contraire est un rayonnement doux mettant en valeur la transparence, la pureté intérieure et l’attachement à une existence paisible n’entravant pas les autres personnes.

De mon expérience de l’humilité est né un sentiment total de jouissance et de liberté. Cette liberté s’est ressentie d’abord par l’acceptation de mon ignorance ; il n’y a rien de plus libérateur que de sentir les limites de son propre rayonnement de connaissance, la vulnérabilité ressentie induit une ouverture à tout ce qui est « autre ». Sortir de Soi permet d’entrer en contact avec les autres Sois tels qu’ils sont, sans projection de ce qu’ils devraient être.

En naissant, on reçoit un corps physique, l’Etre rayonnant habitué à l’infini et aux possibilités d’expression immatérielles se trouve limité dans ses concepts et ses possibles par son inadéquation. S’il se révolte de ces limites il devient volontaire, fort et autoritaire, son énergie se hérisse ou se cuirasse ou alors, il devient lâche, voleur et opportuniste et son énergie rayonne en tentacules libidineuses et en formes grotesques pour effrayer les autres, les tenir à distance le temps de les apprivoiser.

Si l’Etre accepte les conditions de l’expression de sa sagesse, il doit faire alliance avec les forces de la Terre : faire ses classes comme tout être vivant au sein d’un corps de chair et d’air pour apprendre à canaliser ses talents par des techniques jusqu’alors inconnue de lui. Cette démarche requiert que sa conscience d’Etre se ramasse et se concentre vers la Terre dans un état de rayonnement réduit que l’on nomme l’Humilité. Ainsi, l’humilité ne traite ni de pauvreté, ni de vanité mais est une sorte de potard placé sur la conscience de l’Etre afin de mieux réguler sa puissance; lorsque les possibilités d’expression sont réduites, il est nécessaire d’apporter des solutions de rayonnements moins puissants que dans l’univers Infini : qui mettrait un soleil dans un placard ?

L’ouverture débute lorsque l’on prend conscience que l’humilité ne réduit pas ce que l’on Est : notre nature profonde reste la même, simplement elle ne peut pas s’exprimer dans sa pleine puissance sous peine d’entraîner des désagréments dans la vie des autres. On le voit chaque jour ; les égos surpuissants de quelques uns font de considérables dégâts lorsqu’ils sont lâchés sans limites ; de nombreuses guerres ou assassinats résultent de la volonté d’exister au-dessus des existences des autres, en détournant les destins et le développement d’autrui en vue d’un rayonnement personnel.

L’Humilité au contraire est une porte qui s’ouvre dans l’énergie du cœur et du ventre pour permettre une alliance avec les éléments naturels, en respectant leur rythme, leur cycle. Cela rappelle l’énergie cyclique et le rayonnement nocturne de la Lune, qui sans en avoir l’air, sont à l’origine du développement diversifié de la Vie : sans les marées et les alternances nuit/jour, les bactéries et les cellules complexes ne se seraient pas développées ni adaptées à tant d’écosystèmes différents. Les espaces entre deux mondes sont propices à l’adaptation et produisent des variations utiles à la manifestation de la vie.

L’humilité est la qualité permettant de retenir son énergie personnelle afin de la doser et d’entrer en relation avec les êtres et les éléments sans les transformer. Cette attitude de rayonnement doux introduit également la notion de plénitude par le non-faire.

Notre monde considère naturel de rayonner sa volonté sur le monde, de domestiquer animaux et paysages : à peine une chose existe-t-elle qu’elle doit suivre des codes et des interdits que quelqu’un décide arbitrairement : la réussite est dans le faire afin de paraître et donc de démontrer qui l’on est : on considère même tout naturellement qu’une personne qui ne fait rien, n’est rien et donc ne vaut rien. Heureusement que toutes les actions produites par nos organes ne sont pas si explicitement exposées à un besoin de résultats ! Nos organes travaillent généralement avec humilité, c’est-à-dire avec discrétion, ce qui ne les empêchent pas d’être conscients de leurs fonctionnements et de leurs responsabilités ni d’entrer en burn out s’ils sont trop sollicités. Autrement dit : à trop solliciter une fonction elle se pervertit, se désaxe, se déséquilibre. Cette vérité s’applique à toute l’échelle du vivant.

Si l’humilité est la qualité principale du corps qui en permanence doit travailler en collaboration avec des éléments extérieurs : l’air, l’eau, la nourriture et les combiner avec intelligence à ses propres chimies intérieures ; plus notre corps est humble, plus il est en bonne santé car il s’adapte volontiers à tout ce que nous lui demandons. Et puis, avec l’âge et les sollicitations il devient acariâtre ou tout du moins, moins malléable et flexible, il Bugue plus souvent et cela peut être perçu comme une forme d’égo primitif, de tendance au caprice. Attirer en permanence l’attention sur soi exprime un besoin d’énergie extérieure pour être nourri ou pour se sécuriser ; c’est l’expression d’une vulnérabilité, d’ un besoin d’aide soit par manque d’autonomie ou bien par manque d’harmonie avec soi-même projeté sur les autres afin de se décharger de la responsabilité de trouver une solution faute d’en être capable.

Cette attitude se retrouve également dans la société moderne : on a l’impression qu’elle n’accepte pas ce qu’elle est. Elle cherche en permanence à influencer les autres sans réellement comprendre à quoi elle sert et vers quoi elle va. Vivre et consommer sans but, vivre et perturber tous les êtres vivants simplement parce qu’on en a le pouvoir et que l’on exprime sa surpuissance de cette manière totalitaire est néfaste et rend malade. Alors, les individus, les animaux et les éléments naturels deviennent eux aussi déséquilibrés car chaque strate vit en interdépendance avec les autres.

On nous dit que l’humilité s’est d’aller vers le moins ; que moins c’est mieux…en fait, il s’agit plutôt de définir un objectif commun, suffisamment puissant pour canaliser l’énergie de tous. Une idée ou un principe qui serait suffisamment sexy pour que l’ensemble des sociétés se sentent pleinement puissantes et en accord avec elles-mêmes en y participant. Qu’aucune société ne se sente défavorisée mais au contraire adaptée dans ses réponses à ses besoins selon son écosystème.

Serions-nous plus en paix avec notre corps, notre cœur et notre conscience si nous pouvions poser des actes utiles au développement de nos talents tout en respectant le cycle d’existence des autres vies ? La réponse naturelle est affirmative : chacun aspire à exister en paix avec lui-même, avec son corps. Chacun aspire à être en harmonie avec les autres. La voie qui mène à ce paradis est l’Humilité appelée également voie de la non-violence. Aucun dogme religieux ne s’y oppose. On peut vivre cet engagement spirituel de manière politique, sociale ou écologique….les voies d’expression de la voie de l’humilité sont multiples et correspondent à des tempéraments variés, à des moments de la vie et à une puissance d’expression évoluant au cours de la vie des gens. Chaque personne trouvera sa façon personnelle d’expression de l’humilité et pourra rayonner ses talents sans entraver ceux des autres. En nous reliant à l’énergie guérisseuse et profondément créatrice de la Terre, nous pourrions créer une nouvelle arche d’alliance.

L’égo est incapable de faire confiance à un autre que lui-même. Il est le seul à connaître Ses besoins. Faire alliance est donc pour Lui, un acte de compromission de sa puissance et de sa liberté. Or, la Liberté n’existe pas quand on s’enferme dans la boite de ses certitudes limitées à des connaissances passées. Enfermé dans un système d’autosuggestion de toute-puissance, l’égo ne se sent pas longtemps libre, la sensation d’enfermement le rend irascible et mesquin, violent, manipulateur des vérités pour se rendre maître des situations. Parfois nos sociétés se comportent de manière narcissique et perverse, emprisonnant ceux qu’elle prétend protéger.

La véritable liberté est le droit au choix : un droit à la connaissance et à l’entraide par choix de faire alliance, droit de changer d’avis ou de prendre de nouvelles décisions adaptées au monde tel qu’il est et non comme on projette qu’il doit être. Certes, le durcissement, la rigidité, le dogmatisme sont des formes d’autoritarisme et de dictature qui donnent une forme stable à la volonté mais le monde est fugace, il exige que nous adaptions à de nouvelles formes d’existence et que nous sortions de nos formes-pensées habituelles régulièrement.

L’humilité est présentée souvent comme un renoncement, un sacrifice du monde extérieur, des relations sociales ou des acquisitions matérielles au profit d’une libération. C’est vrai que l’énergie déployée pour obtenir et maintenir en état les mondes intérieurs et extérieurs que nous créons exige beaucoup de volonté et d’attention. Qu’une fois mobilisée pour des choses matérielles, des agendas ou des responsabilités sociales, cette énergie n’est plus utilisable pour l’Etre, qui n’appartient pas uniquement à ce monde et désire se projeter dans les strates où il peut interagir avec les Etres de sa dimension. Ainsi il y a un choix à faire parfois : diminuer sa consommation ici-bas, pour maximiser ses chances dans les expériences multidimensionnelles. Ce choix se pose à tout être vivant, quel que soit sa taille ou son mode de vie ; je consomme tout ici et maintenant ou bien je me réserve pour plus tard, pour d’autres circonstances.

Ce choix de la survie ne prend pas en compte la puissance de la Foi et la loi des Retours de cycle : l’Etre spirituel ne peut pas oublier que ce qu’il donne lui reviendra, sous une forme semblable au moment approprié, c’est-à-dire lorsque son énergie sera moins rayonnante. Un creux succède toujours à une élévation, une élévation succède toujours à un creux. Que ce rythme soit représenté par une roue sans fin, par un serpent qui se mord la queue, par la succession des saisons et les cycles des lunaisons ou par la superposition de vagues d’énergies dans le calendrier maya, qu’importe. Ce balancement matriciel nous conduit à la perpétuelle régénération de la Vie : avec ou sans conscience, avec ou sans humilité car nos choix égotiques déterminent l’utilisation de notre énergie, ils n’influencent pas durablement le cours de l’évolution globale, la Vie poursuivra Son œuvre. LiLa

 

 

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