La Clarté

Publié le par LilaLuz

La Clarté

L’Esprit dit : «Je te retrouve enfin, Lila ….

LiLa dit : L’Air est toujours aussi pur là où tu vis Esprit ! Que c’est bon de revoir le Ciel jusqu’à la voie lactée !

Esprit : « Tu es enfin sortie de l’Amalgame, tu as laissé la Confusion et la Vase des émotions humaines enterrées sous les gravas de ton enfance et de celle de tes proches. Quelle idée de prendre sur toi leurs frivolités désespérantes, n’est-ce pas du temps perdu ?

Lila : Je n’avais qu’un demi choix ; apprendre c’est comprendre, je pensais qu’en comprenant ceux qui m’entourent, je pourrais y associer le monde humain dans une certaine globalité, mais je ne savais pas que leurs tartufferies m’entraîneraient si loin de Toi. Le point positif est que le monde humain commence vraiment à partir de cette limite que tu nommes « la vase ». Peut-être était-ce utile d’y descendre pour goûter à la densité humaine ? Toi-même, ne dis-tu pas qu’il ne faut pas s’arrêter aux apparences ? Au moins j’y ai appris ce que je ne suis pas !

Esprit : Ton obstination est restée la même…

LiLa : Et ton orgueil est toujours là !

Esprit : Ce n’est pas de l’Orgueil, c’est la Conscience de Soi en autonomie. Il faut bien que quelqu’un me nourrisse puisque tu me tiens éloigné de mon Chez Moi.

LiLa : Ne te fâche pas, je sais que tu ne veux pas t’attarder par ici, et que l’Avenir s’étire et résonne déjà devant Toi. Je te remercie d’être resté avec moi et de m’avoir attendue.

Esprit : je te l’avais promis…

LiLa : tu ne t’es pas ennuyé tandis que j’étais descendue ?

Esprit : Par ici, on est un peu isolé, mais c’était entendu qu’il faut en passer par là pour Revenir.

LiLa : Tu m’as manqué Esprit. Lorsque c’était trop dur, je me souvenais de ta brillance et aussitôt, le chemin redevenait clair. Sans ta clarté, je n’aurais rien pu voir dans ce grouillement où tous se mordent et se querellent comme si leurs vies en dépendaient.

Esprit : Tu le savais d’avance …

LiLa : Non, les dimensions étaient si épaisses que lorsque les Maîtres m’ont expliqués, je n’y entendais rien, c’était hors de ma portée…même à toi je ne pourrais pas expliquer, tu ne comprendrais pas le point de vue intérieur de celui qui est pris dans cette toile où toute chose est perçue comme sous un opaque voile alourdi de culpabilité et de peur. Cette horrible angoisse est comme une main pressant ton centre en permanence, répétant sans cesse « rien de ce que Tu Es ne m’échappera »…Bien sûr c’est faux puisque rien de ceci n’est vrai au sens où Toi tu vis la Vérité. Le chemin d’en bas est lent, lourd et tragique. Il semble que jamais on ne peut en sortir tant que l’on se prend pour celui qui souffre. Mais la souffrance n’est pas feinte, ni fausse. Elle est là à toute heure, sourde, serpentant et t’étouffant chaque jour dans ses volutes jusqu’au malaise, perdu et sans repères. Il ne restait que ta Lumière pour retrouver l’Air.

Esprit : Oui, le monde de l’Eau est dérangeant. Nous te l’avions dit, le Feu ne peut descendre dans l’Eau sans risquer de se perdre. Gaïa est un monde aqueux où toute émotion pèse un certain poids, on ne peut tout remonter ni tout transformer, il faut apprendre à délester, au moins as-tu appris la Simplicité.

LiLa : Sans conteste. Tu as gagné. Je n’ai pas appris seulement la Simplicité, je suis allée jusqu’à l’Humilité des humbles et même jusqu’à l’humiliation, je crois, sans me vanter.

Esprit : Tu auras donc appris ce que JE ne Suis pas !

LiLa : N’est-ce pas pour cela, que je suis venue ? Pour l’ équilibre et le Retournement ? Tu sais que Mon travail vaut tout autant que le Tien mon ami. Je n’ai pas failli à ma tâche, j’ai bu jusqu’à la lie. En fait, pour être franche, je n’ai rien regretté, ni le Mal, ni le Bien, ni cet état bizarre où l’on est neutre, évanescent. Le plus dur fut la douleur, car c’est physique, tu comprends, il n’y a que l’esprit pour transcender la douleur, et souvent c’est l’émotion qui l’emporte, on est tellement secoué qu’on ne trouve plus la force de se remettre debout, replié en soi-même, on finit par avoir honte de manquer de forces et finalement on pense que rester là jusqu’à la mort, ce serait plus honnête. En fait, il faut juste oublier qu’aucune souffrance n’est vraie selon Toi. Mais pour cela, il faut se rappeler du Chemin vers la Lumière. Cela semble facile, vu de l’extérieur, tandis que l’on bénéficie d’une large vue sur le monde et que l’on respire à son aise l’air des Cieux….mais enfermé sous la pyramide des chairs, ce n’est pas si simple de tout laisser tomber pour Te rejoindre. Vois-tu, le chemin est clair dés lors qu’on le décide, que l’on se souvient de la Cause et de l’Objectif qui donne lieu à ce long périple boueux. En réalité, tout est beau ici-bas quand on y comprend les valeurs, elles ne sont pas loin des nôtres, mais souvent elles sont vécues inversées car planté dans la Terre, on la tête en bas, on n'y voit goutte.

Esprit : Ah ! La liberté de l’Eau ! On s’y noierait…Ca ne me fait pas rêver, pourtant on me dit trop curieux…

LiLa : Et qui m’a mise là, d’après Toi ? N’était-ce pas ta curiosité, Ton intime Désir de Servir la Connaissance jusque dans les moindres recoins de l’Un ? Tu ne t’en souviendrais plus ? Qui donc perd la mémoire ici ? Je ne suis qu’une possibilité d’expérience dans l’Infinité de Tes Possibles….et c’est moi qui te le Rappelles, Serais-tu cruel ? Veux-tu encore tester ma mémoire, mon degré d’imprégnation de Ta lumière ? Ce n’est pas juste, je reviens à peine du Noir où je me suis épuisée et déjà tu me glaces sans attendre, Es-tu forgeron Mon maître ? Ferais-tu de moi une épée ?

Esprit : Tu es d’étain et de bronze, tu n’es pas faite d’acier, si épée tu deviens, tu seras pour l’apparat plus que pour batailler, ma Mie….

LiLa : J’adore quand tu m’appelles Ma Mie…ça m’a manqué ! Ca me touche ce regain d’amitié…c’est vrai que j’ai le cœur tendre, presque coulant à t’entendre, mais est-ce bien un défaut ? Les anges s’y sont abreuvés plus d’une fois pendant mon équipée…c’est fou comme ils sont importuns et surtout ils ne comprennent rien!

Esprit : Les anges sont des esprits simples, de l’intelligence ils ont reçus la part qui leur revient, ils servent ceux qui savent les commander ou les complimenter comme il se doit. Tu es trop libre pour qu’Ils se sentent concernés, trop autonome. Tu sais que chaque intelligence est donnée selon le degré d’utilisation qui sera exigé. Rien n’est jamais par hasard.

LiLa : Chut ! Ne dis pas cela ici, Ils vont t’entendre ! Les gens d’ici croient au hasard…pour certains c’est une religion. C’est Sacré ! Ne les critiques pas ils vont t’en vouloir et ce sera moi qui prendra ! J’ai eu déjà ma part…je ne continuerai pas à prendre pour Toi ! Ils sont parfois sournois quand on les offense, la liste de ceux ayant finit sur une croix crée l’effroi ! Ils ne faut pas mal les juger, Ils ne connaissent plus leur chemin et ils n’en n’ont pas conscience. En plus, ils vivent chacun selon leurs raisons, qui changent selon la saison. Par exemple, la liberté les pousse un jour à se dénuder et le jour suivant à se voiler jusqu’aux pieds sans que l’on puisse savoir en quoi ces frivolités ont à voir avec le chemin de Lumière qui mène au Grand Savoir, et donc à la Liberté première telle que Tu la conçois. Quand on les contrarie, ils crient, s’étripent les uns les autres- en un instant plus court qu’un souffle- ils ont changé de lois et vous font broyer du noir. Ne les affole pas. Soit tendre, traite-les comme moi…enfin comme quand Tu te veux gentil et tendre. Tu comprends ?

Esprit : Le temps est venu pour eux d’être secoués. Avec ou sans moi, leur monde s’en va. Il est largement temps qu’ils le sachent : s’ils ne s’éveillent pas à leur Cause, Ils resteront suspendus dans un Astral où ne luit aucune Vertu.

LiLa : Je le sais. Et ça me fait du mal. Mais il n’y a jamais le temps pour leur dire. Ce n’est jamais le bon moment. Ils pensent que l’on exagère, que l’on est pessimiste, que la Confiance en Dieu est suffisante pour être sauvé d’un monde à la dérive. Ils ne savent pas faire l’effort de se rendre en eux-mêmes. Ils ont peur de tout ce qu’ils ont amassé. Leurs mémoires sont pleines à craquer, ils ne veulent rien lâcher et lorsqu’ils le font, c’est donc que leur cerveau ne tient plus le choc des émotions et des incompréhensions. Si tu avais vu dans quels états ils se mettent quand ils oublient qui ils sont ! Ne comptes pas sur moi pour te le raconter, parfois c’est vrai qu’il vaut mieux oublier. L’Humain est si mignon et si dérisoire !

Esprit : Et pendant tout ce temps, tu n’as rien trouvé à leur dire ? Tu n’as rien partagé?

LiLa : J’ai essayé. Peut-être n’étais-je pas au point ? Peut-être n’avais-je pas la manière ? Lorsque l’on parle Vrai, ils s’offusquent, ils pensent que l’on est impoli. Si on tourne son esprit trop longtemps dans son pot, ils pensent que l’on est indécis, que l’on n’a rien à dire et déjà ils s’en vont. Il faut saisir le moment où ils deviennent curieux et qu’ils sont insouciants….mais l’instant est si bref qu’il faut réussir d’un coup, sinon c’est loupé et ensuite ils sont méfiants, ils croient qu’on veut les duper. Si c’était simple tu croies vraiment que je me serais attardée ? Ce monde est flexible et leurs esprits sont inflexibles. Leurs cœurs sont tendres et barricadés sous des tonnes d’acidité, d’amertume et de rancune, même bien protégé, aucune cuirasse divine n’y résiste, ensuite on est rongé, lentement. Au début tu sens ton âme tiédir, puis se refroidir jusqu’à la voir se dissoudre et disparaître… D’ici, Revenir semble l’utopie du siècle ! Et celui qui y croit est appelé « fou ».

Esprit : Cela n’a pas changé en fait. C’était déjà comme ça avant la venue du KR-Om (du Christ). N’y-a-t-il eu aucun changement ?

LiLa : D’un point de vue technique, quelques uns. D’un point de vue Krist-ique, ça commence à peine. Crois-tu qu’il est trop tard pour leur Retournement ?

Esprit : Pour le cosmos tout est déjà accompli. Ceux qui s’en aperçoivent en font partie. Les autres n’ont jamais existé à cette échelle d’existence.

LiLa : Jamais je ne leur dirais ça. Ils ne pourraient pas comprendre que l’éternité est une connexion avec Soi. Ils ne voient qu’à travers leurs lois, écrites avant ces temps qu’aujourd’hui nous vivons. Le passé est mort, mais ils le bercent encore.

Esprit : Sont-ils encore aveugles ?

LiLa : Pas tous, quelques uns voient, certains entendent mais peu d’entre eux parlent en alignement avec leur Vérité en comprenant la Réalité du monde. Souvent ils vivent dans une bulle. On ne peut pas leur reprocher, dés qu’ils en sortent ils sont happés par la violence des influences accumulées depuis des milliers d’années. Des siècles de violence, d’abus et d’offenses variées : lorsqu’ils s’améliorent, qu’ils se sensibilisent, ils sont vulnérables et doivent se cacher, comme …

Esprit : ….comme les bernard-l’hermite…tu te souviens combien on se moquait de cette attitude néfaste ; cacher sa lumière, quelle incongruité !

LiLa : Ce n’est plus si drôle, mon Ami…j’ai bien conscience d’être devenue semblable…moi aussi je suis un bernard-l’hermite…je n’en ai pas honte, pas autant que j’imaginais autrefois car finalement, c’est un mode de vie, une politesse, une faiblesse qui est presque comme du courage si l’on tient compte de la dangerosité des lieux et des multiples prédations dont on est l’objet. Se montrer tel que l’on Est en esprit, tu le sais, c’est de la folie…Toi-même tu T’es servi de moi pour Te protéger. J’aurais aimé dire qu’ils sont devenus mon Foyer, mais je n’ai jamais pu t’oublier. Tu es la partie vivante et je n’y renoncerais pas, pourtant conserver cette alliance c’est concevoir des sacrifices, des privations…faudra-t-il qu’il m’en coûte ?

Esprit : Nous avions convenus que tu aurais quarante ans pour expérimenter la vie sous l’angle de l’Humanité.

LiLa : Oui, c’est juste…cela semblait beaucoup à cette époque-là, à 6 ans tout paraît grand et vaste, pourtant c’est à peine si j’ai eu le temps de faire quelques enfants, d’écrire un peu et de voyager dans ce monde. Ne pourrions-nous envisager de rester davantage ? C’est risqué puisqu’à tout moment, on peut retomber à néant et oublier d’où nous naissons. Faudra-t-il que je choisisse déjà ? Referais-tu la promesse de m’attendre ?

Esprit : Je Suis encore là.

LiLa : C’est à peine si je t’entends et parfois ça me fait l’effet d’être seule, alors, je visualise le Centre d’où nait la lumière, d’où nait Tout Ce Qui Est. Même si tu m’abandonnes j’y retournerais…sans Toi, je ne serais plus moi-même : je ne veux pas te laisser ; tu es ma part d’éternité, mon échelle vers le monde d’après, mais ici, dans ce Noir il y a tant à voir ! Les lumières des vertus font des paysages et le soleil joue ses harmonies à la surface des eaux, quand bien même tout cela serait faux c’est vraiment beau ! Et, lorsque le ciel est dégagé on entend aussi les étoiles chanter ou bavarder. Ce n’est pas comme de Ton côté, les Etres de lumière ne parlent pas de leurs projets d’expansion, de leur divinité, des dimensions qu’ils ont visitées ou auxquelles ils sont liés. C’est beaucoup plus lent, tu dirais que c’est« morbide » mais on s’habitue - la Lenteur a ses délicatesses, on voit s’épanouir les fleurs, on sent, bien avant qu’il ne passe, la texture d’un nuage, son humidité. Ce monde est lourd, c’est vrai, étrange plus qu’il ne le devrait mais ce serait triste de ne pas rester encore un peu ici.

Esprit : Me laisseras-tu le choix ? Si je le désire, pourrais-je partir ?

LiLa : Tu es la conscience supérieure, honnêtement, je n’ai rien à exiger de Toi puisque Tu as respecté le premier deal que nous avions posés, Tu Es libre, si tel est ton désir….mais tu me condamne à vivre sans Conscience?

Esprit: Je n'ai pas dit cela. Il me faut remonter et me transformer. Il n'y a pas que toi qui évolue LiLa, Tout Ce Qui Est s'étire vers d'autres cieux, et je désire l'accompagner dans cette Manifestation. Viendras-tu?

LiLa: Il ne tient qu'à "nous"...

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