De la Théorie à la Réalité

Publié le par LilaLuz®

De la Théorie à la Réalité

En toute chose, on commence par la théorie - par l’hypothèse- pour ensuite s’approcher concrètement de la réalisation par l’Agir. Je dis « l’agir » et non l’action, pour mettre en perspective le mouvement et l’incarnation : le vécu de l’action.

Souvent, on pense avec de jolis mots, de belles pensées qu’il faut « s’aimer les uns les autres » cette théorie, lorsqu’elle doit être appliquée à la réalité nous pousse dans nos contradictions et nous contraint à renoncer à notre orgueil, à nos habitudes, à notre laxisme : il y a parfois des différences entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Il est facile de professer l’Amour pour Tous et entre tous et il est plus délicat de poser les limites de l’amour que je peux donner et la forme de l’amour que je m’attends à recevoir. Dois-je sortir du cadre que je me choisis pour m’adapter à ce que la vie me propose ou bien définir un cadre et le rendre statique pour me protéger de la désillusion ? Ce mouvement d’ajustement entre théorie et pratique se pose de bien des manières et nécessite de notre part une conscience active, éveillée au principe éthique que notre vie s’est choisie.

La théorie propose un idéal vaste, aux contours indéfinis afin d’être suffisamment large pour convenir à tout le monde et créer un consensus. La vie réelle exige des actes fidèles aux principes mais adaptés à des situations déterminées ce qui entraîne une réflexion étrangement mesquine, détaillée et dépourvue de grand élan : la réalité met à jour les disgrâces car les détails de la vie ordinaire semblent faire obstacle à l’idéal absolu, à la grâce des Miracles. C’est le paradoxe entre l’idéal et la réalité, le « paradoxe de la dualité » divise ce qui est unifié en substance, le fractionne par notre sensibilité individuelle du réel. Dieu est Grand et l’Homme est petit, humble, morcelé, il ne voit pas immédiatement l’objectif caché de toute chose.

Le travail du mystique est de marquer par un détail, l’Unité entre la Grandeur de l’Universalisme et l’humble réalité du quotidien, faire une passerelle pour que les belles expériences s’inscrivent parfaitement dans l’Idéal et brillent comme des moments magiques. De fait, les vies magnifiques sont souvent difficiles au quotidien pour celui qui s’astreint à suivre ses principes. Les grandes avancées philosophiques sont une longue suite de combats difficiles et mesquins, de victoires obtenues par la persévérance et la magnanimité. Ce ne sont pas les aspérités du chemin qui comptent, mais la force du pèlerin, sa fidélité au Principe qui nourrit sa vie, son lien avec l’Esprit Universel.

Incarner l’Esprit - « devenir un soi » c'est-à-dire un être conscient de son âme- demande de passer par de nombreuses expériences qui tantôt aident à prendre conscience de la Grâce, de la hauteur, et tantôt demande à l’humain d’appliquer ses conceptions philosophiques au quotidien, dans une situation précise, ce qui lui impose de faire un choix. Il ne faut jamais regretter ses choix, quels qu’ils soient. Les erreurs ou les bonnes options servent à marquer notre vie et à constituer notre caractère, à révéler notre véritable grandeur d’âme. L’âme grande n’est ni mauvaise ni bonne, elle contient les forces de la Vie qui s’expriment par le don ou le prendre, la germination et la destruction. Aimer son âme consiste à accepter de n’être qu’un élément de ce mouvement, un élément qui vibre à l’unisson de tout ce qui vit, meure et se transforme de nouveau. Lorsque nous nous lions à notre âme, elle-même peut se lier à la Vie, qui passe par des étapes sans jamais se trahir. Ainsi, nous aussi nous restons fidèles à la Vie malgré les choix qui ne nous ressemblent pas mais complétent nos cycles. Lila

Note : Je dédie ce texte à ceux qui doivent prendre des décisions difficiles, dans l'urgence, engageant la vie d'autrui, Merci.

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