Prendre Conscience de la valeur de sa vie.

Publié le par Lilaluz

Prendre Conscience de la valeur de sa vie.

Nous vivons dans un monde d’argent où même le temps s’achète. On justifie son passage sur Terre par des médailles, des récompenses et des diplômes, des augmentations de travail, de salaires ou des primes, on justifie sa vie continuellement par des efforts qui visent à éblouir autant qu’on le peut le monde extérieur : mais aucun de ces efforts ne donne le sentiment d’être arrivé quelque part, et il faut toujours augmenter la part donnée vers l’extérieur pour rester dans cette course qui ne mène nulle part et finit par nous éloigner de nous-mêmes.

Chacun d’entre nous se sent contraint de valoriser ce temps imparti en réalisant des actions qui rapidement se pressent en routine, en choses à faire impérativement. Cette pression invisible nous donne la sensation d’être important, d’être occupé, d’avoir notre place au sein d’un monde exigu où tout se bouscule et s’agite où garder l’équilibre est une question de vie et de mort, de précipitation et d’anticipation. L’homme pressé en soi marmonne déconfis qu’il n’a pas le temps, que demain le temps sera plus clair, demain il rattrapera le temps perdu qu’il n’a pas aujourd’hui à perdre inutilement en plaisir de vivre. Comme tous les jours mesurent le même nombre d’heures, que la règle cyclique ne varie pas beaucoup, l’homme pressé meurt essoufflé, oublié par le Temps, sans jamais avoir vraiment appris à respirer !

Le plus curieux reste que plus cette pression est lourde et plus nous sommes fiers de notre rang, de notre importance au sein du groupe : on en finirait par croire qu’une vie sans pression, sans routine, sans choses à faire est vide, sans valeur : qu’une vie ne vaut que pour s’y essouffler sans prendre le temps de la goûter. Le jour où l’on s’exclut mentalement de cette pression, les crochets qui broient lentement le cerveau et les poumons s’effacent et l’on découvre que notre vie dépend de la Grâce et de bien d’autres choses qui n’ont rien à voir avec le temps ni l’argent, votre petit morceau de vie prend un autre goût. Le désir de réussir sous la contrainte de l’homme pressé ne rend pas heureux même lorsque l’on rejoint les objectifs placés toujours un peu plus loin que les efforts naturels peuvent atteindre, il faut s’essouffler toujours plus et tirer sur la corde de ses nerfs. Agités, persuadés qu’en atteignant des buts hors de proportion nous serons encore plus heureux, d’autant plus reconnus alors que personne ne regarde vraiment. En retirant l’homme pressé de soi, tout un pan de notre personnalité redevient libre, jeune et sage, spontanée et vivante. L’horizon s’étire loin, sans limites ni conditions. L’Infini est un état d’esprit, un état naturel de jeunesse, d’osmose entre le moment présent et la conscience immédiate de qui l’on est.

C’est si court une vie.

Pourquoi la dilapider en conditionnements pour recevoir le droit d’exister qui nous a été donné ? Si la vie coule dans nos veines, sans qu’on nous ait rien demandé, si l’air pulse dans nos poumons gratuitement, sans rien payer ? Ce corps-là est un trésor, chaque instant est l’occasion de s’en ravir ; tant de choses à faire sont utiles au Cœur et le Temps les mange sans même y goûter ! L’activité délicate de se sentir vivant disparait dans le maelström des choses urgentes, impératives pour sublimer l’orgueil de l’homme pressé. Le temps doit s’arrêter pour que nos cerveaux se détendent, que les corps s’apaisent, que la frénésie de mouvement, de pensées, de diktats se dissolve et que le monde redevienne doux, comme il est toujours resté. Hors de la confusion mentale et de la course au Temps, les fleurs poussent et s’épanouissent, les oiseaux chantent, l’eau s’écoule sans lutter. Exiler l’homme pressé, son orgueil blessé, sa vanité et son esprit rusé destiné à gagner du temps, ne pas en perdre et continuer à rattraper le temps perdu…. Arrêter le temps est facile. Aujourd’hui vous n’êtes pas pressé ; chaque pas, chaque respiration prendra le temps qu’il lui faudra, et le temps restant - car vous en aurez en surplus !- deviendra l’occasion d’être présent à l’espace autour et au-dedans de soi. Reprendre son souffle n’engage pas d’efforts surhumains, on y apprend à aimer sa vie non pour les acquis matériels, non pour le savoir accumulé ou les souvenirs qui s’additionnent au fil des ans mais pour le droit gratuit qui nous a été donné de vivre ici- bas. Déguster, sentir, ressentir et respirer au diapason du monde libre et naturel.

Seules les récompenses obtenues par sa propre évaluation et reconnaissance ont une valeur qui ne s’effaceront ni avec le temps, ni avec les changements de saison : chaque vie est une ressource de forces et d’espoir à condition de savoir y puiser sans s’épuiser ! Lila

Publié dans Expériences vécues

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sabrina 24/03/2014 22:52

Je me retrouve beaucoup dans ta vision de la vie nous sommes aujourd'hui dans une société basé sur la réussite le pouvoir l apparence les choses matérielles. Mais quel est le but final de tout ça?gagner de la reconnaissance pour se sentir existé valorisé! Mais que restera t ils de nous quand nous passerons de l autre côté nos dernières pensées seront elles pour notre belle maison notre super job et bien non!messieurs dames on se rappellera l amour qu'on se portaient les un pour les autres alors donner de l amour profiter des personnes que vous aimer échange,partage.revenez à l essentiel LA VIE simplement qui ne vaut d être vécue sans AMOUR.....

Anne-Marie 19/03/2014 12:42

Bonjour Lila,
J'aime beaucoup cet article qui "touche" et me parle, comme à d'autre je l'espère...
En fait je suis dans la confusion car ce monde ne me convient plus du tout tel qu'il est, et donc il est difficile d'y vivre en harmonie tant que l'on "se cherche" et que l'on s'éveille, d'où mon arrêt, et je préfère rester en dehors et "apprendre" différemment, je cite : "... Le temps doit s’arrêter pour que nos cerveaux se détendent, que les corps s’apaisent, que la frénésie de mouvement, de pensées, de diktats se dissolve et que le monde redevienne doux, comme il est toujours resté. Hors de la confusion mentale et la course au Temps, les fleurs poussent et s’épanouissent, les oiseaux chantent, l’eau s’écoule sans lutter..." je ne lutte plus, je laisse couler vers la "guérison" qui harmonisera le tout, car ce qui se vit actuellement ne me correspond pas et ne m'a jamais rien dit en fait. Il y a un ailleurs bien meilleur, j'ose y croire encore, je ne suis pas ou plus seule dans ce cas !
Merci Lila <3

Saïda 19/03/2014 03:04

Bonjour Lila,

quel joli message transmis dans cet article ! Un éloge de la vie (simple). Merci Lila !

Saïda 20/03/2014 00:19

Bonsoir Lila,

Oui, il y a une citation d'Oscar Wilde qui dit " Aujourd'hui, les gens savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien." C'est toujours vrai ! Nombreux sont ceux qui perdent leur dignité par cupidité. Certains doivent passer par la perdition d'abord pour prendre conscience de leur humanité et réhabiliter leur âme ensuite. Cela peut s'avérer être une longue traversée du désert. Vous le dites bien, le message est simple ! Vivre. Prendre conscience de qui nous sommes et de ce qui nous entoure ... Pourtant, nous sommes des êtres tellement complexes, nous côtoyons constamment deux mondes, l'un connecté à l'apparence (le corps physique) et l'autre à l'essence. Par exemple, si un individu vit en retrait ou possède une personnalité contraire à la dite norme matérialiste ambiante, il sera considéré par le reste du groupe (la Société, le Clan familial) comme un être effacé, transparent, insignifiant voire marginal. Or, la réalité est tout autre ... . Puisque nous formons qu'UN, un TOUT !
Un jour nous pourrions être de la lignée des Indignés et un autre jour de la lignée des Alignés (les Automates). La roue tourne, j'imagine ! L'iceberg a aussi deux faces, l'une cachée (souterraine, profonde, invisible) et l'autre visible moins dense mais plus sujette aux aléas climatiques et aux desideratas sociétaux extérieurs.
Peut-être faudrait-il juste prendre conscience de ce qui nous rend malheureux, anxieux ? Nommer les maux. Il est dur de se révéler à soi-même, parce que c'est admettre nos faiblesses et nos propres responsabilités face aux vicissitudes de la vie, telles un effet miroir. En arabe, il y a un terme qui définit bien ce processus : Al Djihad, signifiant "résister", "lutter avec sa propre âme". C'est dur, dur ! La méthode douce serait peut-être juste de s'adapter et vivre au rythme de nos pulsions cardiaques ? Inspirer et expirer, souffler en somme ! :-)

Lila 19/03/2014 09:31

Il s'applique au Moment collectif illustré par le parcours de Jérôme Kerviel, traité en bouc émissaire expiatoire pour un mode de fonctionnement de la Société en général : tant que nous accepterons de donner plus de valeur à l'argent et aus tâches matérielles qu'aux gens et à la vie, nous serons susceptibles d'être des esclaves parce que nous nous laissons traiter comme des esclaves psychologiquement. C'est à chacun de trouver un équilibre pour donner du respect et conserver la Dignité de son âme, hélas, ce sont souvent ceux qui perdent cette dignité qui sont mis en valeur. A qui la faute? A tous ceux qui ne réagissent pas. Alors, peut-être que le message est simple mais si on veut le comprendre et l'appliquer il est bien plus complexe, n'est-ce pas? Il y a tellement de bonnes raisons de conserver le petit rythme de la routine mentale : demain, je vais m'engager, demain j'aurais le courage ou le temps pour... demain le monde est mort, alors pourquoi s'en inquiéter?